- Allez, avoue, mon chéri, avoue que tu es fier au bras de ta petite
jeunette !
- Oui oui, très fier, ma puce ! mais dépêche toi ! il faut qu'on y aille, on est déjà en retard !
Mais traite-moi de vieux pendant que tu y es, espèce de godiche ! Franchement, mes amis, je vous prends à témoin : peut-on appeler une femme de 36 ans "une jeunette" ? Si elle avait eu un gosse à
18 ans (ce qui n'est pas rare), il serait aujourd'hui majeur, le gosse ! A-t-on déjà vu une "petite jeunette" avec un fils majeur ? Elle me dirait peut-être "jeunette pas rapport à toi, mon
chéri". Mais alors si c'est cela, ça voudrait dire que quand elle aura 60 ans, elle sera "jeunette" par rapport à un mec de 72 ?
Et puis, franchement ma chérie, je vais te faire une confidence : tout cela n'a rien à voir avec l'âge ! je crois que beaucoup d'hommes de ce pays, toutes générations confondues, seraient
beaucoup plus fiers d'avoir à leur bras des femmes comme Carole Bouquet ou Nathalie Baye, quinquagénaires rayonnantes, que des trentenaires comme Charlotte Gainsbourg ou Romane Bohringer,
jeunettes de 35 ans fort sympathiques au demeurant, mais beaucoup moins séduisantes, il faut bien le reconnaître !
Jeunette...! n'importe quoi ! Je ne sais pas si vous l'avez remarqué comme moi mais, alors que la majorité des femmes entre très tôt dans l'âge adulte, beaucoup plus tôt que les garçons en tout
cas, il n'est pas rare de trouver chez certaines femmes de 35 ans le désir anxieux de paraître plus jeune, l'angoisse de vieillir, la nostalgie de l'adolescence. A défaut de pouvoir arrêter le
temps, elles font semblant, font les nunuches, jouent aux ados ! Elles parlent et s'habillent comme leurs filles de 17 ans. Les compliments qui les font craquer sont "tu ressembles à une
gamine... tu es une éternelle ado"...
La femme de 45/50 ans, la vraie, la séductrice, elle, n'a pas cette crispation de paraître plus jeune, contrairement à ce que l'on pense souvent. Certes elle angoisse un peu sur ses rides et
tente de les masquer (comme les hommes, d'ailleurs, de plus en plus !). Mais pour le reste elle veut présenter l'image d'une femme, non pas beaucoup plus jeune, mais plus élégante, plus raffinée,
plus épanouie. Et c'est beaucoup au niveau de la personnalité que ça se joue. Elle se revendique forte et indépendante dans la vie, tendre et dévouée en amour. Les compliments qui la touchent
(quand ils sont sincères car elle, elle sait faire la différence !) sont plus du genre : " tu as une forte personnalité, mêlée de douceur... un mélange d'autorité et de tendresse... une femme
debout, forte et fragile à la fois". Ceci dit, elles ne refusent pas non plus "tu es belle comme un ange", ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit !
J'aime bien la femme de cinquante ans. Normal, me direz-vous puisque tu vas les avoir bientôt, toi aussi ! Ah ? ca vous parait évident, ça ? Mon père disait souvent qu'il échangerait volontiers
sa femme de 50 ans contre deux de 25. Moi je ne dirais pas ça. Moi, le reste du chemin, j'aimerais plutôt le parcourir avec une femme de cinquante ans.
Une vraie, une de ces femmes-diamant dont on ne découvre l'éclat qu'une fois enlevée l'épaisse gangue de méfiance et de pudeur qui les protège.
Une de ces femmes-étoile qui illuminent leur entourage de la douce lueur de leur aura déclinante.
Une de ces femmes lunaires avec qui on a envie de partager les fous-rire d'automne et la peur quand viendra le souffle glacial de l'hiver.
Merde, je m'égare et je deviens lyrique ! Allez, revenons à notre sujet...! C'était quoi le sujet déjà ?
Bah, je ne sais plus...! Ah oui..., ca me revient :
Dépêche-toi, bordel, on va manquer le début !