Parfois il suffit d'un tout petit détail pour que tout foire... un tout petit détail... un chat, par exemple...!
Et pourtant, J'aime les chats! J'aime la grâce de leur démarche, la légèreté de leurs bonds, leurs grands yeux curieux et candides, leur façon d'être à la fois calme et
toujours aux aguets. Mais hélas, tout ça , de loin, il ne faut pas qu'ils me touchent ! Pas que les chats d'ailleurs, je n'aime pas toucher les poils et les plumes d'animaux, en général. Ce n'est
pas allergique à proprement parler mais ça me crispe ! Il faudra que j'évoque ça aussi avec le psy que je ne manquerai pas de consulter un jour ou l'autre.
Avec Cynthia, j'avais eu l'honneur d'être présenté à Princesse dès nos échanges web-cam ! Oui, elle tchatait avec sa chatte sur ses genoux, lui demandait régulièrement son avis
et me faisait part de ses réactions au cours de nos échanges ! C'était une façon de me dire des choses avec humour, je pense ! Voire !
Tout a commencé à se compliquer le jour où elle m'a invité à passer le week-end chez elle. Enfin, le week-end...! avez-vous remarqué que les week-end de certains pères divorcés
commencent le samedi après-midi pour se terminer le dimanche après-midi ? Mais pas grave ! Elle avait une nuit et une grasse matinée sans enfants et tous les deux, nous entendions bien en
profiter !
Elle n'avait pas ses enfants, certes... mais elle avait Princesse !
Samedi après-midi, un petit tour au musée pour admirer une exposition d'Archiboldi, (histoire de se cultiver un peu et de bien se convaincre réciproquement qu' il n'y a pas que
le cul dans la vie) et on arrive pour diner chez elle. Elle me fait faire un tour rapide du propriétaire puis m'installe sur le canapé pendant qu'elle va dans la cuisine, ouverte sur salon,
préparer l'apéro.
Après avoir pris mes aises, alors que je suis en train d'observer les formes de Cynthia penchée en train de chercher quelque chose dans le bas du frigo, je vois soudainement
une silhouette apparaitre dans un coin du salon. C'est Princesse qui arrive, la démarche prudente, le regard fixé sur moi, se demandant manifestement ce que je fous
là!
Cynthia se retourne et lui dit :
"Ah te voilà, ma Princesse ! tu connais déjà Carlus, je crois, pas besoin de faire les présentations !"
puis tourne le dos pour passer le bac à glaçons sous le robinet.
Princesse continue à avancer lentement vers moi, s'arrêtant net à chaque fois que je fais le plus petit mouvement, le regard toujours fixé sur moi.
Je continue à parler à Cynthia sans quitter Princesse du regard, pour le cas où elle me bondirait dessus, on ne sait jamais ! Je ne sais pas pourquoi, elle n'a pas l'air
d'apprécier ma présence
Cyntia devine peut-être un léger malaise et jette un coup d'oeil dans le salon.
- "Mais ne fais pas ta timide, enfin, Princesse ! C'est le monsieur que tu as vu sur l'écran de l'ordinateur l'autre jour... mais si, souviens
toi...!" puis retourne à ses devoirs d'hôte.
Arrivée à l'autre extrémité du canapé, Princesse fait un petit bond (très gracieux !) et s'y installe, recroquevillée sur elle-même. C'est bon ! il y a bien... quoi ? un mètre
cinquante qui nous sépare, tout va bien !
Mais le temps que j'évalue la distance, Princesse a changé d'avis. Elle se redresse et s'avance lentement vers moi. Arrivée à côté de moi, elle vient se frotter la tête et le
flanc doucement sur mon bras, enfin... sur mon pull, jusque là ça va ! Cynthia est toujours en train de me parler, le dos tourné, et je n'ose pas lui dire de rappeller sa chatte.
Après avoir vérifié l'absence d'hostilité de ma part, et m'avoir marqué comme faisant partie de son territoire, la chatte s'installe tranquillement sur mes genoux, sa queue
autour de son corps, les yeux mi-clos. Je vais pour me lever afin de l'obliger à dégager mais, évidemment, Cynthia arrive avec son plateau dans les mains juste à ce moment-là.
"Oh tu vas vu ? elle t'a déjà adopté !"
Oui, j'avais vu ! Le problème est que moi je ne l'ai pas adopté !
Elle dépose le plateau sur la table du salon, vient s'asseoir à côté de moi, me caresse la nuque d'une main et Princesse de l'autre main. Comme pour l'encourager à rester sur
moi.
Je me sens mal à l'aise, il faut que je lui dise que je n'aime pas beaucoup avoir le cul d'une chatte, aussi propre soit-il, collé à mon pantalon. Mais en même temps je n'ai
pas envie non plus de gâcher une nuit d'amour par une maladresse. C'est qu'elle ont l'air d'être bonnes copines, ces deux-là ! Je lui dis :
"oui , c'est curieux, d'habitude, entre les chats et moi , le courant ne passe pas trop"
Elle me répond :
" Aaahh mais là, c'est différent ! c'est qu'elle a senti le mâââle ! Hein ma coquine, que tu fais ta câline avec Carlus, hein, dis moi
?"
Mon malaise augmente de cinq degrés sur l'échelle du stress ! J'ai une sainte horreur de l'humour zoophile, même bon enfant, comme c'est le cas, là!
Merde, merde, il faut que je prenne sur moi ! surtout, ne pas tout gâcher, là, juste en début de soirée!
Bon, Ok , va pour l'humour zoophile! Je lui dis :
"Mais...il y a un gros malentendu, là ! je pensais que c'était avec toi que j'allais passer la nuit !"
Elle me gratifie de son beau sourire et se penche sur moi pour m'embrasser, juste au dessus du dos de Princesse toujours impassible sur mes cuisses.
" mais c'est bien avec moi, monsieur ! et je ne suis pas prête à partager ! je suis très jalouse"
Bon, la bonne nouvelle, c'est qu'avec Cynthia c'est bien parti ! La mauvaise, c'est qu'il faut que cette chatte dégage, j'en ai marre ! Je lui dis :
" attends, je vais faire le service"
et je me lève sans attendre sa réponse. Elle prend sa chatte sur elle et la caresse. Je lui sers un verre et, sous prétexte d'admirer la déco du salon, je prends de la distance
pendant un moment, histoire de me décrisper un peu.
Au bout d'un moment, je retourne m'asseoir à côté d'elle et aussitôt Princesse se lève et s'installe à nouveau sur moi. Avec bien entendu la bénédiction de sa maîtresse. Je
réagis en me penchant pour embrasser Cynthia et, en passant ma cuisse opposée sur la sienne, je force Princesse à aller ailleurs voir si j'y suis. Après un long baiser, je lui murmure à l'oreille
:
" mais dis moi, tu ne m'as pas encore fait visiter ta chambe, il me semble...!"
Elle me répond
"C'est là, juste devant toi" en me montrant la
mezzanine.
Ah merde ! évidemment pas de porte à la chambre ! quelque chose me dit que mon week-end de rêve va être plus compliqué que prévu !
Et de fait, ce fut compliqué ! Alors que nous étions dans sa chambre en train d'échanger quelques baisers allongés sur le lit, Princesse nous rendit visite deux fois. A chaque fois, elle lui dit gentiment
" Allez ouste, Princesse, va t-en, il n'y a rien à voir pour toi ici "
mais Princesse s'en foutait, évidemment ! Ce qui l'obligea à deux reprises à quitter mes bras pour aller la prendre et descendre l'escalier pour la déposer dans le salon. La
troisième fois j'étais à moitié allongé sur elle, sous la couette lorsque je sentis un poids s'affaisser sur mes cuisses !
Là, c'en était trop ! Je perdis mon self-contrôle :
" ah non, merde, là je ne peux pas, vraiment désolé, mais je ne peux pas.."
Cynthia parut un peu surprise mais n'avait manifestement pas, elle non plus, envie de gâcher la soirée. Elle me dit
" attends, calme-toi, je vais la mettre dans la chambre des enfants" !
Cette petite concession d'amour me remit dans d'excellentes dispositions et je pus enfin me déshabiller sans crainte que mes bijoux de famille soit la cible d'une jalousie
féline.
Hélas, le problème n'était pas réglé pour autant ! Princesse, enfermée dans la chambre des enfants, et se mit à gratter à la porte et à miauler de désespoir. Et ce fut alors au
tour de Cynthia d'être déconcentrée et d'avoir peu d'entrain aux caresses. Elle interrompit dix fois nos étreintes pour crier à l'adresse de sa chatte : "arrête de
faire ta capricieuse, ma Princesse... Princesse, ca suffit, ce n'est pas la peine d'insister, je ne t'ouvrirai pas la porte". De quoi refroidir le plus empressé des amants
!
Au bout d'un moment, ayant bien compris que Princesse ne céderait pas, et que ma belle ne serait pas détendue tant que sa copine serait enfermée, je décidai de faire contre
mauvaise fortune bon coeur et lui demandai moi-même de libérer Princesse.
Il était de toute façon clair pour nous deux que la soirée coquine était foutue !
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